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{tab Elle}

Dans le tourbillon du quotidien: boulot, maison, enfants, conjoint, vie sociale, dodo, il est important de trouver des moyens de revenir à soi-même, de décrocher et rafraîchir notre esprit. Dès le réveil et jusqu'au moment où la tête touche l'oreiller, les journées sont très bien remplies. Je me souviens d'un temps avant la venue des enfants où il me semble que j'avais tout le temps du monde, j'avais le luxe de passer du temps à ne rien faire si le coeur m'en disait.

 

 

En fait, je réalise que ces petits luxes bien à moi sont encore présents. C'est tout simplement leur durée qui a changé, ou encore leur case horaire qui s'est naturellement déplacée. Mes petits moments sacrés : me retrouver sur mon tapis de yoga avant que la maison se réveille, le petit luxe d'attraper un article de ma publication préférée, une petite lecture dans le lit avant le dodo ou un bon bain chaud (on en profite : on sort les chandelles svp!)

Mais plus encore, j'ai dû changer ma vision des tâches à accomplir. En les transformant en moment privilégié plutôt que de les voir comme des tâches inévitables (et parfois ennuyantes) j'ai décidé de les voir comme une offrande à ma famille.

 

Mon arrière-grand-père disait ceci : 'Un homme fait son lit comme il fait sa vie'. Le matin lorsque je fais mon lit, je prends le temps de bien le faire et non pas à la course (autant que possible!). Quand je prépare des repas, je les prépare avec soin et attention, ce qui devient une méditation'

 

Le simple fait de changer ma perspective sur ces choses, que je dois faire de toute façon pour maintenir le roulement de la maisonnée, m'a apporté un vent intérieur nouveau.

{tab Lui}

Outre quelques courtes activités où le temps disparaît lorsque je m'y concentre, le point de départ pour moi est de prendre un moment, aussi bref soit-il, pour d'observer les idées, les sentiments, les fatigues, les stress quotidiens, etc. qui m'habitent. En les observant de manière calme et détachée, j'en suis ensuite beaucoup moins affecté. Il m'est donc possible d'attaquer les difficultés avec force et une vision éclaircie.

Quelques activités me permettent également de « décrocher », mais celle qui me suit présentement est un pool de hockey puisqu'elle ne me demande pas trop de temps et qu'elle peut être interrompue à n'importe quel moment. Je prends quelques minutes à chaque soir pour regarder les points de mes joueurs sur Internet, ce qui crée un court temps « vide ». Avec, en plus, une bonne nuit de sommeil, j'arrive à voir les choses plus librement et donc de manière plus efficace.

Pour moi, ces temps « morts » (ou morts en apparence) me permettent de libérer mon esprit de toutes pensées liées au quotidien. Beaucoup de gens se servent de la télévision pour retrouve,r en quelque sorte, cet état d'esprit. Je crois cependant qu'il faut faire attention avec quoi nous nourrissons notre esprit durant ces temps « morts ». Ceci dit, il est néanmoins important d'être informé, mais ces moments sont plus susceptibles d'avoir un effet comparable au stress quotidien que de favoriser la reconstruction ou le renouveau de notre point d'observation.

{/tabs}

{tab Elle}

Vous souvenez-vous des douleurs de croissance quand vous étiez petit? Moi j'en avais beaucoup, ce qui est ironique car au bout de la ligne: je suis petite.

C'est maintenant à notre tour de frotter les jambes de nos enfants qui grandissent. D'ailleurs, c'est pendant le sommeil qu'on grandit, ceci expliquant cela.

Bref, maintenant je que suis adulte, les douleurs de croissance sont différentes. Elles ne sont plus causées par la pression sur les tendons et les muscles venant des os qui s'allongent.

La pression est différente. Elle vient du fait que je peux redouter le changement, je m'installe dans des zones de confort et le temps passe!

Maintenant je m'inspire de ceux qui osent se lancer, qui osent faire autre chose que d'ignorer le changement que la vie présente. Ceux qui font avancer le monde. C'est en embrassant le changement qu'on change le monde. D'après moi, c'est ça grandir.

{tab Lui}

Pour moi vieillir c'est savoir quels rêves poursuivre. C'est comprendre que la seule façon d'être heureux, c'est de prendre la décision de l'être que les moments soient difficiles ou non.

C'est aussi accepter de vivre dans l'abondance sans tomber dans l'excès. C'est choisir la qualité des relations avec les gens et les choses qui nous entourent pour qu'elle soit la priorité, et, c'est s'organiser et se regrouper entre gens de mêmes valeurs pour y arriver.

C'est prendre ma vie en mains mais de ne rien prendre pour acquis. Chaque jour, chaque instant, chaque décision je peux transformer ma vie; pour le meilleur ou pour le pire; à moi de marcher dans la ligne de l'intégrité afin que mon chemin s'en anime.

{/tabs} 

La dernière chronique portait sur l'expérience d'un premier accouchement ayant eu des complications sévères. Maintenant, les particules retombent et la petite famille s'adapte avec patience, temps et coeur. Une histoire parmi tant d'autres, partagée à dans le but d'inspirer... 

{tab selon Elle}

Ma fille est resplendissante après le long et rude accouchement, je suis épuisée, confuse et j'ai de la difficulté à la tenir dans mes bras. C'est à ce moment que j'ai besoin d'aide. Le sulfate de magnésium doit encore être administré pendant un certain temps après l'accouchement pour traiter la pré-éclampsie HELLP ce qui me désoriente complètement. 

Je ne comprends rien de ma gauche ou ma droite, d'en haut en bas, je ne peux même pas me lever, je suis complètement confuse. On doit mettre la petite au sein pour moi, car je n'y comprends rien et c'est en fait mon conjoint qui doit apprendre les rudiments de l'allaitement avant moi! Le monde à l'envers. Inutile de dire que ça me donne une drôle de sensation d'invalidité.

On me dit que ma pression est encore extrêmement élevée, je suis encore très enflée, j'ai de violents maux de tête et le sulfate de magnésium semble jouer des mauvais tours à mon mental. Malgré un épuisement indescriptible j'ai de la difficulté à dormir : ma tête roule sans arrêt, j'oublie où je suis, j'ai perdu toute notion du temps et pour une drôle de raison, quand j'ouvre les yeux et me rappelle où je suis: je suis persuadée que je ne ressortirai jamais de l'hôpital.

J'essaie de me recentrer, de me calmer, de revenir à ma respiration en me disant que tout va bien aller et que ce n'est que mon mental qui déraille, ce n'est pas réellement moi. Pas évident.

Bernadine, une infirmière, non, un ange est assigné à notre chambre. Elle reste dans la chambre prête à aider au besoin. Elle est tellement douce et gentille, je la félicite et la remercie fréquemment pour son beau travail de compassion et de coeur. Elle me lave, ce qui fait _tellement_ de bien, c'est accueilli comme un vrai cadeau!

Elle me remercie d'apprécier autant le travail qu'elle fait. Je crois que c'est un travail très beau et à la fois très difficile qu'elle fait. Un vrai travail qui vient du coeur, c'est beau à voir et à vivre. Je me sens privilégiée d'en être témoin et de l'avoir à mes côtés... 

Je constate par sa réaction qu'on ne doit pas lui souligner souvent. Pour les infirmières qui lisent ces lignes: BRAVO À VOUS, quel métier!

Mon conjoint pour sa part, est tellement fort à mes yeux après avoir vécu tout ce que nous avons vécu ces derniers jours! Le voir répondre aux médecins, suivre les conversations médicales, les résultats ... il m'épate beaucoup. Une chance qu'il est là!

Dans mes moments de douce folie, le soir lorsque tout le monde dort dans la chambre et que ma tête court des marathons, je songe le demander en mariage! C'est plus fort que moi, mon coeur semble déborder et fusionner avec le sien! Je me sens plus près que jamais de son Être.

Je crois sincèrement qu'après cette épreuve, nous sommes capables de tout ensemble et je sais au fond de mon coeur, que nous irons au bout. Peu importe où ce bout nous poussera, nous y serons ensemble. Moi qui n'ai jamais cru au mariage!! Je suis vraiment déboussolée. Sans avoir de cérémonie officielle dans cette chambre d'hopital noire au beau milieu de la nuit, je crois que notre union s'est solidifiée, fusionnée, en silence sans que personne ne s'en rende compte.

Et ma fille.... que dire de ce petit être lumineux qui vient de débarquer dans nos vies? Cette lumière qui est la source du rapprochement de mon conjoint et moi.

Elle est magnifique, éveillée, alerte et présente. Je sens un amour profond pour elle s'est évident. Souvent au beau milieu de la nuit, un peu prise de panique par ces jeux que ma tête me joue, je demande à voix haute où elle se trouve.

Bernadine me répond doucement avec un sourire dans la voix, qu'elle est là, tout près de moi dans son petit lit et qu'elle dort. Sûrement parce que j'ai l'habitude de poser la question ensuite, elle enchaine tout naturellement que mon conjoint est là lui aussi, qu'il se repose à côté et que je devrais essayer de faire de même.

 

{tab selon Lui}

Nous arrivons donc dans la salle de repos. Il y avait une autre femme et une infirmière avec un bureau entre les deux lits. Chacun ayant son intimité avec le fameux mur en tissu des hôpitaux. Je téléphone aux parents afin de dire que nous avons une fille et qu’elles sont en sécurité. Ma conjointe se repose. Je téléphone à ma mère pour lui demander d’aller nourrir les chats. 

Je réalise que l’infirmière dans la chambre nous est personnellement assignée ou plutôt elle est assignée à la sécurité de ma conjointe. Il y a une affiche sur la porte signalant que personne n’a le droit d’entrer sans passer par la réception des infirmières. Nous sommes en septembre et j’apprends que puisque le 1er octobre arrive à grand pas, il y a plus d’accouchement que d'habitude. Ceci est la raison pour laquelle il y a une autre femme dans la chambre.

Ma conjointe a un peu de difficulté à allaiter dû au sulfate de magnésium. Je passe donc les 2 prochains jours sans dormir à m’assurer que ma famille est correcte. Elle doit poursuivre le traitement au sulfate de magnésium de 24h à 48h après l’accouchement afin de s’assurer que son système est à nouveau en contrôle. J’ai de petites pause quand la mère et l’enfant dorment mais je ne veux me permettre de les lâcher des yeux même si l’infirmière est de garde. Quand les médecins internes viennent faire leur tournée, l’infirmière fait le tour du dossier et je m’assure de souligner chaque point important ayant connu une progression. 

Normalement, une pré-éclampsie aussi sévère demande approximativement une semaine de rétablissement sous surveillance à l’hôpital. Outre ces difficultés, je réalise que j’ai une petite perle entre les bras. Elle adore la musique; je lui chantonne de petits morceaux pour lui partager le confort que nous aurons une fois à la maison. 

Les sages-femmes viennent faire une visite pour voir si nous avons besoin d’un support quelconque.

Une fois que le docteur autorise la fin du traitement au sulfate de magnésium, elle nous dit que nous devons attendre encore 24h avant que les effets se dissipent. Il me reste donc 24h avant de pouvoir dormir. Je suis physiquement épuisé de ne pas avoir dormi depuis plusieurs jours, incluant ceux dû à l’accouchement, mais je suis habité par la vie de mon enfant et de ma femme; je n’ai aucun moment où je peux apercevoir le sommeil me rattraper.

Le rétablissement se poursuit jusqu’au jour où le docteur interne nous indique que nous pouvons entrer à la maison sous condition de faire un suivi avec les sages-femmes durant la semaine, de prendre la pression à tous les jours, et de faire un suivi avec le docteur en chef à la fin du mois. Je suis complètement fou de joie à l’idée de retrouver ma famille en pleine forme et je suis rempli d’émotion suite à notre parcours plus que particulier. La maison sera très accueillante, ça fait un bon moment qu’on n’a eu la chance d’y vivre.

 

{/tabs}

La suite d'un premier accouchement ayant eu des complications sévères. Le retour au bercail.
Une histoire parmi tant d'autres, partagée à dans le but d'inspirer... 


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{tab selon Elle}

Très graduellement, je fais des progrès. Après ce qui me semble une éternité, ils retirent finalement le sulfate de magnésium. Plus ses effets s'atténuent, plus je redeviens moi-même. On retire aussi le cathéter ce qui me permet de me lever pour la première fois pour aller à la salle de bain. On doit m'aider évidemment.

J'ai encore perdu toute notion visuo-psyco-spatial... je confonds ma droite de ma gauche, du moins mentalement je les comprends, mais de les appliquer physiquement ne fonctionne pas et les distances semble vraiment confuses. Mon conjoint à un bras et Bernadine à l'autre, je m'enligne de mon mieux vers la porte de sa salle de bain qui se situe complètement à gauche de la chambre.

Pourtant, je me dirige complètement à droite! Je vois où je dois aller, mais mon corps ne sais pas répondre aux commandes!! De retour vers le lit, je ne comprends pas comment diriger mes jambes pour m'allonger!

Une sensation vraiment épeurante quand on a l'habitude d'avoir un bon contrôle sur son corps. Voilà pourtant la réalité: on ne contrôle pas toujours tout. Est-ce là un rappel de besoin de pratiquer le contentement, À travers les étapes difficiles autant qu'à travers les plus faciles, vois les aspects positifs et contentes-toi en: ça atténuera les difficultés rencontrées. Ça ira pour le mieux.. 

En effet, grâce à mon compagnon qui sait toujours démontrer les signes d'amélioration aux médecins, nous rentrons à la maison au bout de 3 jours au lieu d'une semaine.

Mon coeur baigne de confiance et de joie à l'idée de sortir, je ressort de la chambre en chaise roulante, où une bouffée d'air frais m'accueille (Jamais je n'aurais cru qu'il serait possible de trouver l'air d'un corridor d'hopital "frais") Arrivée à la maison, je reste au lit pendant deux semaines. C'est encore intense mais le calme et le repos aide beaucoup. Chaque étape est un cadeau

Une nouvelle vie s’installe dans la nôtre. La péripétie qui a commencé à deux, se poursuit maintenant à trois. Je suis complètement sereine et fatiguée! On y va une heure à la fois. Pas plus. Le trio apprend tranquillement à se connaître.

On dit toujours comment avoir un enfant change une vie, mais on ne peut l’imaginer jusqu’à ce qu’on en fasse l’expérience. Un peu comme tout en fait. On doit faire preuve de flexibilité, ça nous met nos limites en plein visage et on apprend ce qu’est la patience. J’ai toujours cru que j’étais quelqu’un de patiente…..jusqu’au jour où j’ai eu un enfant!

La venue de ma fille remet tellement tout en perspective. On dirait que je vois plus clairement la vie : les petites choses qui m’auraient causé des soucis au paravent, sont maintenant perçues telles qu’elles le sont vraiment, sans plus. Ça me rappelle une métaphore qu’un professeur à l’université nous avait lancée une fois, peut-être l’avez-vous déjà entendue: 

Si on prend un pot en verre et qu’on le remplit de grosses roches, est-il plein? 
Non; On peut y verser des petites roches qui iront remplir les espaces que les grosses roches ont laissés libre. Et à ce moment-là, est-ce que notre pot est complètement plein?
Non; Si on prend une poignée de sable et on que déverse dans le pot, celui-ci viendra remplir les espaces délaissés par les petites roches.

Maintenant, est-ce que notre pot est complètement rempli? Vous l’avez deviné : il reste encore de la place pour….
de l’eau.

Ce pot de verre représente notre vie et chaque élément qui le rempli, représente nos intérêts, nos valeurs. Les grosses roches sont peu nombreuses, elles prennent beaucoup de place et passent avant les autres quoi qu’il arrive; la famille, la santé. Chaque élément a tout de même son importance, car ensemble, ils forment un tout. À travers le temps, nos valeurs changent –c’est normal. Ce qui était une grosse roche avant, peut devenir du sable … pensez seulement à l’adolescence, lorsque la gang est d’une importance cruciale et que nos amis sont si nombreux. En vieillissant, les vrais amis se comptent plutôt sur les doigts de la main. 

Changement de perspective.

Quand une grosse roche débarque dans notre vie, on replace les choses autour, certaines priorités changent. Certaines resterons des roches plus ou moins grosses, d’autres deviendront du sable.….ou de l’eau.

{tab selon Lui}

Être un papa, c’est d’aimer son enfant. 

Aimer son enfant c’est de la faire rire. 

C’est aussi d’ajouter un peu de rigueur. 

C’est de ne pas réagir plus qu’elle si elle tombe et de lui montrer comment se relever rapidement. C’est de lui donner accès à de grands espaces où son esprit puisse se réaliser. 

C’est de choisir un environnement sain afin de lui donner la chance qu’elle développe ses habiletés et qu’elle se connaisse. 

C’est de lui montrer que c’est possible de passer au travers des épreuves que la vie place sur notre chemin, que c’est normal de sourire et de ressentir de la joie quand il pleut, que c’est agréable de voir la neige tomber durant plusieurs jours. 

 

C’est aussi de lui donner de l’ambition. 

C’est de développer son imagination et son goût de créer. 

C’est aussi de lâcher prise au moment opportun. 

Être papa, c’est d’être conscient d’une multitude de choses qui s’emblaient avoir peu d’importance avant....

{/tabs}

L'histoire qui suit, quoi qu'intense, vous est partagée à titre d'inspiration. Le but est de vous inspirer et de vous donner confiance; vous êtes forte, vous êtes capable, et ce, peut importe la situation ou son intensité.

{tab selon Elle} 
Oui je me sens fatiguée, écœurée, poussée au bout de moi-même, mais malgré tout, dans mon 'monde intérieur', au fond de moi il y a une force qui m'habite qui est plus forte que tout. 
Je ne peux pas communiquer ça à personne et de toute façon, le tenter serait une perte d'énergie. 

Mon conjoint doit le voir dans mes yeux, je n'ai pas besoin de lui expliquer que je suis capable d'y arriver sans l'intervention de la césarienne -concept qui plane dans la pièce depuis ce qui me semble une éternité. 
D'ailleurs, j'ai perdu toute notion du temps. 

Puis finalement, la nature fait bien les choses, on me donnait seulement quelques minutes de plus sans quoi la fameuse césarienne n'était plus une option mais une nécessité, quand je suis arrivée au bout ....naturellement.

Ma fille est née en parfaite santé et je suis transformée à jamais. Non seulement transformée en mère, mais en femme qui venait d'aller au bout d'elle même, qui avait fait l'ascension du plus gros Everest intérieur, qui venait de faire le plus beau et le plus dur voyage, sans même quitter la pièce. Avec toutes les complications possibles rencontrées, j'ai réussi contre toutes attentes et ça, ça transforme une vie.

Ma fille est resplendissante, mais je suis tellement épuisée j'ai de la difficulté à même la tenir dans mes bras. J'ai besoin d'aide…

{tab selon Lui}

À ce moment, notre docteur entre dans la salle d’accouchement. C’est une femme d’expérience qui suivait le dossier de loin, c’est le docteur qu’on aurait normalement vu qu’à la poussée finale. Mais vu la situation, elle décide de venir voir les choses de plus prêt avant d’autoriser la césarienne. En l’espace de 5 minutes, absolument toutes les choses ont été replacées dans l’ordre. 

Une des choses qu’elle a découverte, que la sonde avait mal été installée à l’intérieur de la mère et que c’est elle qui bloquait le bébé. En 5 minutes, le bébé a rattrapé le temps perdu. La pression de la mère est retombée à un niveau plus régulier (même s’il était encore haut mais rien de critique) En l’espace de 5 minutes, les sages-femmes avaient retrouvé leur facilité de sourire, les infirmières avaient retrouvé leur calme, les médecins internes avaient retrouvé leur capacité d’analyse et j’avais retrouvé la capacité de respirer.

En quittant la pièce, la docteur lance à tous présent dans la salle « il n’y a absolument AUCUN problème ici ». Tous nous nous regardions, ébahi, du niveau de compétence et d’expertise de cette grande dame.

Les choses se remettent donc à bien progresser. À ce point, le choc des dernières heures m’a appris à expliquer aux médecins internes et infirmières: le volume d’urine en cours, le résultat de la dernière pression, le dernier niveau connu du bébé dans le bassin, le dernier niveau de dilatation de la mère, le denier taux d’hémoglobine et le dernier taux de plaquette sanguine dans le sang de la mère. Les choses se déroulent normalement pour une pré-éclampsie. Ma conjointe est très enflée.  

La 4e infirmière en chef prend place dans la salle d’accouchement. Les médecins commencent à souligner des faits pour que ma conjointe prenne un épidurale. À mes yeux, elle gère pourtant très bien la douleur. Elle est dilatée à 4 centimètres. Les « vraies » contractions arrivent. 

L’effet de ces contractions dans les yeux de ma conjointe reste pour moi inoubliable. Je vois les limites incroyables d’une femme être repoussées d’une manière inimaginable. Je n’ai jamais rien vu de tel, je suis bouche bée devant le courage, la force et la volonté de ma femme. La force du pitocin donne des contractions beaucoup plus fortes que si elles étaient naturelles et je peux le voir dans ses yeux. Elle demeure pourtant concentrée et penchée sur son monde intérieur ainsi que celui de notre enfant qui travaille depuis déjà prêt de 16 heures.

J’arrive finalement à comprendre par déduction et en repassant les informations que le sulfate magnésium crée une contraction de l’utérus, ce qui cause des difficultés au pitocin et rendant le travail de la femme encore plus difficile.

La raison pour laquelle l’épidurale fait partie du traitement est que quand la femme perd la sensation de la douleur, elle a un relâchement et ce relâchement aide à faire avancer l’accouchement car il permet au pitocin de plus facilement faire son travail.

J’explique donc à ma conjointe que je crois qu’il est temps de prendre l’épidurale mais que c’est elle qui décide. Je vois la confusion entre le besoin qu’elle ressent et son courage de poursuivre. Elle est dilatée à 4,5 centimètres. Un maigre 0,5 centimètre en deux heures et pourtant, le processus devrait s’accélérer après 4 centimètres. Elle accepte de recevoir une épidurale mais l’anesthésiste qui peut l’administrer n’est plus disponible. On doit attendre. Deux heures plus tard, elle est à sept centimètres de dilatation et toujours pas de signe du spécialiste pour l’épidurale. Je commence à croire qu’on terminera sans lui…

Finalement il entre dans la salle d’accouchement et peu de temps après la procédure est accomplie. Ma conjointe peut finalement prendre un peu de repos car il reste beaucoup de travail à faire pour elle et le bébé me dit-on. C’est le calme.

Une heure plus tard la dilatation est à 9 centimètres, les choses vont très bien même si ma conjointe est extrêmement enflée. Un autre deux heures et la dilatation est à 9,5 centimètres, on y est presque. Vu la longueur de l’accouchement provoqué et la difficulté, la docteur ultra compétente ne veux pas que ma conjointe pousse trop longtemps. De manière très subtile elle laisse sous entendre que la convalescence pourrait également être difficile et longue. 

Une autre heure passe, la mère et le bébé sont prêts. La docteur demande de pousser en même temps qu’elle reçoit une contraction mais ma conjointe est épuisée. Elle est extrêmement enflée. Elle n’écoute plus. 

La docteur lui signale quand les contractions arrivent, je peux les lire sur le moniteur derrière elle, mais elle ne réagit pas aux requêtes du docteur. Je comprends que si elle n’est pas coordonnée, ce sera une césarienne. Je lui dis que c’est très important de pousser quand je vais lui dire de la faire.

 

La prochaine contraction arrive… je suis très heureux de voir qu’elle m’écoute!

C’est difficile de me souvenir, mais je ne crois pas qu’il y ait eu beaucoup de poussées après cela. Si nous étions dans un endroit où la médecine est moins évoluée, je prends conscience que ma conjointe serait restée sur la table d’accouchement. Après quelque chose comme 25 heures, notre bébé arrive au monde! Ma femme est épuisée et ma fille a tellement l’air éveillé. Elles sont courageuses.

La docteur dépose ma fille sur sa maman. Je leur dis qu’elles sont des championnes, qu’elles ont réussies. Quel soulagement!

Nous sommes prêts à être transféré dans une chambre pour le rétablissement. On m’informe alors que le rétablissement dans le cas d’une pré-éclampsie avec le syndrome de HELLP pourrait également être encore difficile…Je suis perplexe sans réellement savoir ce qui pourrait se produire. On nous montre notre chambre et nous avons une infirmière privée qui y est assignée… personne n’a le droit d’entrée avant de passer par le bureau des infirmières.
Qu’est-ce qui arrive?

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