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Elle

Vous souvenez-vous des douleurs de croissance quand vous étiez petit? Moi j'en avais beaucoup, ce qui est ironique car au bout de la ligne: je suis petite.

C'est maintenant à notre tour de frotter les jambes de nos enfants qui grandissent. D'ailleurs, c'est pendant le sommeil qu'on grandit, ceci expliquant cela.

Bref, maintenant je que suis adulte, les douleurs de croissance sont différentes. Elles ne sont plus causées par la pression sur les tendons et les muscles venant des os qui s'allongent.

La pression est différente. Elle vient du fait que je peux redouter le changement, je m'installe dans des zones de confort et le temps passe!

Maintenant je m'inspire de ceux qui osent se lancer, qui osent faire autre chose que d'ignorer le changement que la vie présente. Ceux qui font avancer le monde. C'est en embrassant le changement qu'on change le monde. D'après moi, c'est ça grandir.

 

La suite d'un premier accouchement ayant eu des complications sévères. Le retour au bercail.
Une histoire parmi tant d'autres, partagée à dans le but d'inspirer... 


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selon Elle

Très graduellement, je fais des progrès. Après ce qui me semble une éternité, ils retirent finalement le sulfate de magnésium. Plus ses effets s'atténuent, plus je redeviens moi-même. On retire aussi le cathéter ce qui me permet de me lever pour la première fois pour aller à la salle de bain. On doit m'aider évidemment.

J'ai encore perdu toute notion visuo-psyco-spatial... je confonds ma droite de ma gauche, du moins mentalement je les comprends, mais de les appliquer physiquement ne fonctionne pas et les distances semble vraiment confuses. Mon conjoint à un bras et Bernadine à l'autre, je m'enligne de mon mieux vers la porte de sa salle de bain qui se situe complètement à gauche de la chambre.

Pourtant, je me dirige complètement à droite! Je vois où je dois aller, mais mon corps ne sais pas répondre aux commandes!! De retour vers le lit, je ne comprends pas comment diriger mes jambes pour m'allonger!

Une sensation vraiment épeurante quand on a l'habitude d'avoir un bon contrôle sur son corps. Voilà pourtant la réalité: on ne contrôle pas toujours tout. Est-ce là un rappel de besoin de pratiquer le contentement, À travers les étapes difficiles autant qu'à travers les plus faciles, vois les aspects positifs et contentes-toi en: ça atténuera les difficultés rencontrées. Ça ira pour le mieux.. 

En effet, grâce à mon compagnon qui sait toujours démontrer les signes d'amélioration aux médecins, nous rentrons à la maison au bout de 3 jours au lieu d'une semaine.

Mon coeur baigne de confiance et de joie à l'idée de sortir, je ressort de la chambre en chaise roulante, où une bouffée d'air frais m'accueille (Jamais je n'aurais cru qu'il serait possible de trouver l'air d'un corridor d'hopital "frais") Arrivée à la maison, je reste au lit pendant deux semaines. C'est encore intense mais le calme et le repos aide beaucoup. Chaque étape est un cadeau

Une nouvelle vie s’installe dans la nôtre. La péripétie qui a commencé à deux, se poursuit maintenant à trois. Je suis complètement sereine et fatiguée! On y va une heure à la fois. Pas plus. Le trio apprend tranquillement à se connaître.

On dit toujours comment avoir un enfant change une vie, mais on ne peut l’imaginer jusqu’à ce qu’on en fasse l’expérience. Un peu comme tout en fait. On doit faire preuve de flexibilité, ça nous met nos limites en plein visage et on apprend ce qu’est la patience. J’ai toujours cru que j’étais quelqu’un de patiente…..jusqu’au jour où j’ai eu un enfant!

La venue de ma fille remet tellement tout en perspective. On dirait que je vois plus clairement la vie : les petites choses qui m’auraient causé des soucis au paravent, sont maintenant perçues telles qu’elles le sont vraiment, sans plus. Ça me rappelle une métaphore qu’un professeur à l’université nous avait lancée une fois, peut-être l’avez-vous déjà entendue: 

Si on prend un pot en verre et qu’on le remplit de grosses roches, est-il plein? 
Non; On peut y verser des petites roches qui iront remplir les espaces que les grosses roches ont laissés libre. Et à ce moment-là, est-ce que notre pot est complètement plein?
Non; Si on prend une poignée de sable et on que déverse dans le pot, celui-ci viendra remplir les espaces délaissés par les petites roches.

Maintenant, est-ce que notre pot est complètement rempli? Vous l’avez deviné : il reste encore de la place pour….
de l’eau.

Ce pot de verre représente notre vie et chaque élément qui le rempli, représente nos intérêts, nos valeurs. Les grosses roches sont peu nombreuses, elles prennent beaucoup de place et passent avant les autres quoi qu’il arrive; la famille, la santé. Chaque élément a tout de même son importance, car ensemble, ils forment un tout. À travers le temps, nos valeurs changent –c’est normal. Ce qui était une grosse roche avant, peut devenir du sable … pensez seulement à l’adolescence, lorsque la gang est d’une importance cruciale et que nos amis sont si nombreux. En vieillissant, les vrais amis se comptent plutôt sur les doigts de la main. 

Changement de perspective.

Quand une grosse roche débarque dans notre vie, on replace les choses autour, certaines priorités changent. Certaines resterons des roches plus ou moins grosses, d’autres deviendront du sable.….ou de l’eau.

L'histoire qui suit, quoi qu'intense, vous est partagée à titre d'inspiration. Le but est de vous inspirer et de vous donner confiance; vous êtes forte, vous êtes capable, et ce, peut importe la situation ou son intensité.

selon Elle

 
Oui je me sens fatiguée, écœurée, poussée au bout de moi-même, mais malgré tout, dans mon 'monde intérieur', au fond de moi il y a une force qui m'habite qui est plus forte que tout. 
Je ne peux pas communiquer ça à personne et de toute façon, le tenter serait une perte d'énergie. 

Mon conjoint doit le voir dans mes yeux, je n'ai pas besoin de lui expliquer que je suis capable d'y arriver sans l'intervention de la césarienne -concept qui plane dans la pièce depuis ce qui me semble une éternité. D'ailleurs, j'ai perdu toute notion du temps. 

Puis finalement, la nature fait bien les choses, on me donnait seulement quelques minutes de plus sans quoi la fameuse césarienne n'était plus une option mais une nécessité, quand je suis arrivée au bout ....naturellement.

Ma fille est née en parfaite santé et je suis transformée à jamais. Non seulement transformée en mère, mais en femme qui venait d'aller au bout d'elle même, qui avait fait l'ascension du plus gros Everest intérieur, qui venait de faire le plus beau et le plus dur voyage, sans même quitter la pièce. Avec toutes les complications possibles rencontrées, j'ai réussi contre toutes attentes et ça, ça transforme une vie.

Ma fille est resplendissante, mais je suis tellement épuisée j'ai de la difficulté à même la tenir dans mes bras. J'ai besoin d'aide…

 

La dernière chronique portait sur l'expérience d'un premier accouchement ayant eu des complications sévères. Maintenant, les particules retombent et la petite famille s'adapte avec patience, temps et coeur. Une histoire parmi tant d'autres, partagée à dans le but d'inspirer... 

selon Elle

Ma fille est resplendissante après le long et rude accouchement, je suis épuisée, confuse et j'ai de la difficulté à la tenir dans mes bras. C'est à ce moment que j'ai besoin d'aide. Le sulfate de magnésium doit encore être administré pendant un certain temps après l'accouchement pour traiter la pré-éclampsie HELLP ce qui me désoriente complètement. 

Je ne comprends rien de ma gauche ou ma droite, d'en haut en bas, je ne peux même pas me lever, je suis complètement confuse. On doit mettre la petite au sein pour moi, car je n'y comprends rien et c'est en fait mon conjoint qui doit apprendre les rudiments de l'allaitement avant moi! Le monde à l'envers. Inutile de dire que ça me donne une drôle de sensation d'invalidité.

On me dit que ma pression est encore extrêmement élevée, je suis encore très enflée, j'ai de violents maux de tête et le sulfate de magnésium semble jouer des mauvais tours à mon mental. Malgré un épuisement indescriptible j'ai de la difficulté à dormir : ma tête roule sans arrêt, j'oublie où je suis, j'ai perdu toute notion du temps et pour une drôle de raison, quand j'ouvre les yeux et me rappelle où je suis: je suis persuadée que je ne ressortirai jamais de l'hôpital.

J'essaie de me recentrer, de me calmer, de revenir à ma respiration en me disant que tout va bien aller et que ce n'est que mon mental qui déraille, ce n'est pas réellement moi. Pas évident.

Bernadine, une infirmière, non, un ange est assigné à notre chambre. Elle reste dans la chambre prête à aider au besoin. Elle est tellement douce et gentille, je la félicite et la remercie fréquemment pour son beau travail de compassion et de coeur. Elle me lave, ce qui fait _tellement_ de bien, c'est accueilli comme un vrai cadeau!

Elle me remercie d'apprécier autant le travail qu'elle fait. Je crois que c'est un travail très beau et à la fois très difficile qu'elle fait. Un vrai travail qui vient du coeur, c'est beau à voir et à vivre. Je me sens privilégiée d'en être témoin et de l'avoir à mes côtés... 

Je constate par sa réaction qu'on ne doit pas lui souligner souvent. Pour les infirmières qui lisent ces lignes: BRAVO À VOUS, quel métier!

Mon conjoint pour sa part, est tellement fort à mes yeux après avoir vécu tout ce que nous avons vécu ces derniers jours! Le voir répondre aux médecins, suivre les conversations médicales, les résultats ... il m'épate beaucoup. Une chance qu'il est là!

Dans mes moments de douce folie, le soir lorsque tout le monde dort dans la chambre et que ma tête court des marathons, je songe le demander en mariage! C'est plus fort que moi, mon coeur semble déborder et fusionner avec le sien! Je me sens plus près que jamais de son Être.

Je crois sincèrement qu'après cette épreuve, nous sommes capables de tout ensemble et je sais au fond de mon coeur, que nous irons au bout. Peu importe où ce bout nous poussera, nous y serons ensemble. Moi qui n'ai jamais cru au mariage!! Je suis vraiment déboussolée. Sans avoir de cérémonie officielle dans cette chambre d'hopital noire au beau milieu de la nuit, je crois que notre union s'est solidifiée, fusionnée, en silence sans que personne ne s'en rende compte.

Et ma fille.... que dire de ce petit être lumineux qui vient de débarquer dans nos vies? Cette lumière qui est la source du rapprochement de mon conjoint et moi.

Elle est magnifique, éveillée, alerte et présente. Je sens un amour profond pour elle s'est évident. Souvent au beau milieu de la nuit, un peu prise de panique par ces jeux que ma tête me joue, je demande à voix haute où elle se trouve.

Bernadine me répond doucement avec un sourire dans la voix, qu'elle est là, tout près de moi dans son petit lit et qu'elle dort. Sûrement parce que j'ai l'habitude de poser la question ensuite, elle enchaine tout naturellement que mon conjoint est là lui aussi, qu'il se repose à côté et que je devrais essayer de faire de même.

 

Pour les femmes qui sont sur le point d'accoucher, nous tenons à vous transmettre ceci: nous savons comment vous êtes fatiguée d'entendre les histoires d'accouchement des autres. Surtout les histoires d'horreur d'une telle et une telle. L'histoire qui suit, quoi qu'intense, vous est partagée à titre d'inspiration. Le but est de vous inspirer et de vous donner confiance; vous êtes forte, vous êtes capable, et ce, peu importe la situation ou son intensité.

 

selon Elle

Pour faire suite au dernier texte, nous en sommes donc à l’accouchement. Les sages-femmes, contre toutes attentes, nous téléphone d’urgence et nous demandent de rentrer à l’hôpital dans exactement 5 heures, nous avons rendez-vous.

L’urgence s’entend dans leur voix, pourtant aucun signe ne nous permet de comprendre leurs craintes. On prend donc le temps de faire des préparatifs; nourriture, arrangement pour le boulot, etc. avant de s’y rendre.

Une fois à l'hôpital, on se rencontre tel que prévu à l’entrée. Inquiète, je me demande ce qui va se passer. En me voyant, elles sont surprises que je tienne debout!! On me dit que mon taux d'hémoglobine est si bas que je devrais être sur le point de tomber dans les pommes, que je fais une pré-éclampsie et qu'il faut accoucher rapidement.

Ça fait quelques semaines que je ressens un grand changement, toute la grossesse s'était si bien déroulée, aucune nausée, aucun malaise intense... un vrai nuage. Je me sentais maintenant gonflée et tout à fait inconfortable. Comme si mon corps ne supportait plus la grossesse et faisait demi-tour. Le doux nuage blanc s'était transformé en gros smog épais. Bref, nous y voilà et je suis prête. Inquiète, mais confiante.

On espère toujours avoir l'accouchement que l'on veut, l'accouchement parfait ... pour ma part, c'était dans l'eau. 
Au fond de moi, pendant ces 9 mois de préparation, je savais que je ne devais pas accorder trop d'importance à cet accouchement parfait, car on ne sait jamais ce qui peut se passer. La preuve; je suis sur le point de vivre tout à fait le contraire de ce qui était 'prévu'. Une belle occasion de laisser les choses aller et d'accepter... tout simplement. La vie nous lance ce que doit vivre n'est-ce pas? L'accouchement dans l'eau n'est pas pour cette fois-ci.

Malgré le fait que le travail avance trop lentement et difficilement, la vie nous sourit. Lorsque l'on parle de crever les eaux, le médecin est appelé pour faire une césarienne ailleurs et pendant son absence, les eaux crèvent naturellement. Quel soulagement!

On provoque le travail rapidement et les contractions violentes commencent. Ai-je manqué le signal de départ? Ouf, c'est violent : mais je respire.

Le bébé est encore beaucoup trop haut. Je lui communique de descendre. À chaque respiration, je dis à voix haute 'descend bébé! Descend bébé!'. On m'injecte du sulfate de magnésium pour traiter la pré-éclampsie pendant le travail. Je ne veux même pas y penser, je reste concentrée sur le travail: le bébé qui doit descendre et ma respiration qui, avec mon amoureux, est en ce moment ma meilleure amie. Je vis une contraction à la fois, c'est le mieux que je puisse faire. Surtout que je sais que leur force ne va que s'intensifier avec le temps!

Plus les choses avancent moins on peut me parler, sauf mon conjoint évidemment. Je ne vois d'ailleurs personne d'autre que lui et il est le seul que je laisse entrer dans mon monde. C'est le seul que je veux voir de toute façon. La présence ou l'intervention des autres ne sont présentement qu'une distraction à mon travail.  
...Si j'avais été concentrée à ce point dans mes examens à l'école!

C'est la première fois que je fais l'expérience d'une telle concentration inébranlable: Consciente de chaque pas d'une longue randonnée ardue. D'ailleurs, même mes plus longues randonnées, les plus difficiles, les plus abruptes, même celles en haute altitude ne peuvent rivaliser celle-ci. 

Les contractions ne sont pas naturelles, elles ne sont pas rythmées, elles viennent sans s'annoncer et surtout sans laisser de répit, ce qui est très difficile. Je tiens bon. Tant que je respire, j'ai l'outil qu'il faut. J'en suis sérieusement reconnaissante, sans quoi j'aurais abandonné il y a longtemps.

La situation semble se dégrader rapidement. Plusieurs signes vitaux sont en détresse et le travail, quoi que provoqué, avance difficilement. Honnêtement, je sens que ce n'est pas mon rôle de gérer ce qui se passe autour, je remets ça à mon conjoint, qui gère ça d'ailleurs remarquablement. Je garde le cap sur ma concentration: c'est ça mon travail.

 

Bien vite, je me retrouve avec un masque à oxygène sans comprendre pourquoi, alors sans prendre le temps de questionner le pourquoi du masque, je demande tout simplement à mon conjoint d'y placer la bouteille d'huile essentielle de lavande de temps en temps pour que je puisse en respirer le doux parfum et continuer mon boulot....'paisiblement'.

Je sens qu'autour de moi, les gens s'agitent, mais ils ne sont qu'un brouillard lointain. On parle de pression artérielle qui monte en flèche, de reins en grève, de plaquettes en vacances, de césarienne, de péridurale... bref, le 'monde extérieur' semble aller terriblement mal...